Bilan orthophonique du langage écrit : identifier dyslexie, dysorthographie et dysgraphie

Lire laborieusement, accumuler les fautes d’orthographe, écrire illisiblement malgré des efforts constants : ces difficultés ne sont ni un manque de travail ni un manque de volonté. Elles peuvent signaler un trouble spécifique du langage écrit — dyslexie, dysorthographie ou dysgraphie — qui mérite d’être identifié précisément pour être accompagné efficacement.

Le bilan orthophonique du langage écrit est l’évaluation de référence pour poser ce diagnostic. Réalisé par un orthophoniste diplômé d’État, il produit un compte-rendu officiel reconnu pour les demandes de PAP, dossiers MDPH et aménagements aux examens. Sur ORA-VISIO, ce bilan est réalisable en visioconférence, sans liste d’attente, dès la fin du CP.

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Qu’évalue le bilan orthophonique du langage écrit ?

Le langage écrit recouvre trois grandes compétences distinctes, qui peuvent être touchées séparément ou simultanément. Le bilan les explore toutes, pour dresser un portrait précis des forces et des fragilités de l’enfant.

La lecture (voie phonologique et voie lexicale). L’orthophoniste évalue la capacité à déchiffrer des mots réguliers, irréguliers et des pseudo-mots (mots inventés, sans signification), ainsi que la vitesse, la précision, la fluence de lecture et la compréhension de texte. Ces épreuves permettent de distinguer les différents profils de dyslexie (phonologique, de surface ou mixte) et d’identifier les mécanismes cognitifs défaillants.

L’orthographe et l’écriture sous dictée. Des épreuves de dictée de mots, de phrases et de textes permettent d’évaluer la maîtrise des règles orthographiques, la mémoire lexicale (comment les mots sont stockés dans le cerveau) et la phonologie (correspondance son-lettre). L’analyse qualitative des erreurs — substitutions, omissions, inversions, erreurs phonétiques — est aussi importante que le score chiffré.

La production écrite. L’enfant est amené à produire un texte spontané ou guidé. L’orthophoniste observe la mise en page, la structure des phrases, le vocabulaire employé, la gestion de l’espace et la tenue du stylo.

La conscience phonologique. Compétence sous-jacente à tous les apprentissages du langage écrit, la conscience phonologique (capacité à manipuler les sons de la langue) est systématiquement évaluée, car son déficit est au cœur de la plupart des dyslexies.

 

Les troubles identifiables : dyslexie, dysorthographie, dysgraphie

La dyslexie

La dyslexie est un trouble spécifique de la lecture, durable, qui ne s’explique pas par un déficit intellectuel, un problème visuel ou un manque de stimulation. Elle touche environ 5 à 10 % des enfants scolarisés et se manifeste par une lecture lente, hésitante, avec des inversions, des confusions ou des omissions de lettres et de syllabes.

Elle est souvent héréditaire : un enfant dont l’un des parents est dyslexique a un risque très nettement augmenté d’être lui-même touché.

À lire sur le sujet : Quelle est la différence entre dyslexie et dysorthographie ?

La dysorthographie

La dysorthographie est un trouble spécifique de l’orthographe, qui accompagne presque toujours la dyslexie mais peut exister seul. L’enfant produit des erreurs massives et instables — souvent phonétiquement plausibles mais graphiquement incorrectes — et ne mémorise pas les règles orthographiques malgré une exposition répétée.

Les deux troubles partagent les mêmes mécanismes cognitifs défaillants : c’est pourquoi ils sont explorés ensemble dans le même bilan. Comme l’explique l’article dyslexie et dysorthographie du blog ORA-VISIO, rares sont les enfants dysorthographiques sans aucune difficulté de lecture.

La dysgraphie

La dysgraphie est un trouble de l’acte graphique : l’écriture est illisible, lente, douloureuse, désorganisée, sans lien avec le niveau intellectuel de l’enfant. Elle peut être isolée ou associée à une dyspraxie. Le bilan du langage écrit peut identifier une dysgraphie, qui sera ensuite prise en charge conjointement par l’ergothérapeute et le graphothérapeute.

Quand faire passer ce bilan à votre enfant ?

Le bilan du langage écrit est pertinent à partir de la fin du CP — une fois que l’apprentissage de la lecture a débuté — et peut être réalisé à tout âge, y compris à l’adolescence et à l’âge adulte pour les personnes dont les troubles n’ont jamais été identifiés.

Signes qui doivent vous alerter chez un enfant scolarisé :

  • Lecture syllabique qui ne progresse pas après le CE1
  • Confusions de lettres miroir (b/d, p/q) persistantes après 7 ans
  • Fautes d’orthographe massives, instables d’une fois à l’autre sur les mêmes mots
  • Copie lente et laborieuse, écriture illisible ou douloureuse
  • Compréhension orale bonne mais compréhension écrite en échec
  • Résultats très différents entre l’oral et l’écrit dans les évaluations scolaires
  • Refus de lire à voix haute ou fort stress autour des exercices d’écriture
  • Fatigue intense après toute tâche impliquant la lecture ou l’écriture

Pour comprendre qui peut réaliser ce bilan et comment distinguer les différents professionnels du langage, consultez l’article Rendez-vous chez l’ortho : mode d’emploi.

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Déroulement du bilan du langage écrit en ligne

Le bilan est réparti sur une ou deux séances selon l’âge et la fatigabilité de l’enfant. Il se déroule en 3 temps : questionnaire préalable (contexte scolaire, histoire du développement, difficultés observées), passation des épreuves standardisées avec l’enfant puis remise du compte-rendu écrit complet dans un délai de 2 à 3 semaines.

Le compte-rendu détaille les résultats chiffrés par domaine évalué, le profil de l’enfant (avec ou sans trouble identifié), les pistes de remédiation et les recommandations pour l’école. Il est immédiatement utilisable pour demander un PAP, initier un dossier MDPH ou obtenir des aménagements au brevet, au bac ou aux concours.

À lire pour approfondir : tout savoir sur le bilan orthophonique.

Après le bilan : les accompagnements complémentaires

Le bilan du langage écrit est le point de départ. Selon le profil identifié, voici les suites les plus fréquentes :

Rééducation orthophonique du langage écritorthophonie en ligne : séances de rééducation régulières ciblant les mécanismes défaillants (phonologie, voie lexicale, fluence de lecture).

Dysgraphie associéeergothérapie en ligne pour les aménagements posturaux et gestuels, et graphothérapie à distance pour la rééducation de l’écriture.

TDAH associé → le bilan du langage écrit oriente souvent vers un bilan neuropsychologique pour objectiver les troubles attentionnels, complété par un coaching TDAH.

Soutien scolaire adaptésoutien scolaire à distance ou coaching scolaire, avec des enseignants spécialisés dans les profils DYS.

Méthodes d’apprentissagepsychopédagogie en ligne pour trouver les stratégies qui contournent les difficultés et valorisent les points forts.

Soutien aux parentsguidance parentale pour mieux accompagner son enfant DYS au quotidien sans s’épuiser.

Orientation scolaireorientation scolaire en ligne pour construire un projet cohérent avec le profil de l’élève, notamment au lycée et pour Parcoursup.

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on faire un bilan du langage écrit ? À partir de la fin du CP (5-6 ans), une fois que l’apprentissage de la lecture a commencé. Un bilan plus précoce peut explorer des compétences précurseurs de la lecture (conscience phonologique, mémoire verbale) dès la grande section de maternelle si des signaux d’alerte sont présents.

Mon enfant est au collège et n’a jamais été bilanté. Est-il trop tard ? Non. Des bilans sont réalisés à tous les âges — collège, lycée, université, et même à l’âge adulte. Un diagnostic tardif reste utile : il explique les difficultés, ouvre des droits à des aménagements (tiers-temps aux examens notamment) et permet de mettre en place une rééducation même partielle.

Ce bilan détecte-t-il aussi la dyscalculie ? Non. La dyscalculie relève du bilan des compétences logico-mathématiques, qui est un bilan distinct, même s’il est réalisé par le même professionnel. Les deux bilans peuvent être réalisés en parallèle si les difficultés touchent à la fois le langage écrit et les mathématiques.

Le compte-rendu est-il reconnu pour le brevet et le baccalauréat ? Oui, à condition qu’il soit récent (généralement moins de 3 ans) et rédigé par un orthophoniste diplômé d’État. Il est accepté par les services des examens de l’Éducation nationale pour toutes les demandes d’aménagement.

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