Comme moi, vous avez peut-être croisé ces trois lettres au détour d’une conversation ou sur une affiche : F.L.E.
Derrière cet acronyme, un peu sec, se cache pourtant l’une des aventures les plus humaines qui soit. Non, ce n’est pas un nouveau parti politique, ni un nouveau sport à la mode.
C’est tout simplement l’art d’enseigner le français à ceux dont ce n’est pas la langue maternelle.
1. Qu’est-ce que le FLE ?
- Le Français Langue Étrangère (FLE) désigne l’enseignement du français à des apprenants non francophones qu’ils soient en France ou dans leur pays d’origine. C’est aussi et surtout apprendre le français comme outil de communication quand on parle déjà une autre langue (anglais, arabe, chinois, etc.).
L’analogie utile : Apprendre sa langue maternelle, c’est apprendre à marcher dans sa propre maison. Apprendre le FLE, c’est apprendre à explorer un nouveau pays dont on n’a pas encore la carte.
- Alors que Le FLM (Français Langue Maternelle) et selon le définition d’un site officiel, c’est “ langue apprise dans son milieu familial, dès la petite enfance, de façon naturelle, non formel “
- Et le FLS (Français Langue Seconde) , selon le même site officiel, “est appris après sa langue maternelle, dans un second temps, mais en tant que langue essentielle pour sa vie personnelle (par exemple les immigrés dans un pays francophone). Il est donc appris dans un but d’intégration. Le français doit en quelque sorte devenir une seconde langue maternelle. Le FLS servira à un degré ou à un autre de langue du quotidien, d’apprentissage ou de scolarisation.”
2. Qui apprend le français et pourquoi ?
- Les étudiants internationaux : Qui viennent faire leur Master en France.
- Les expatriés : Qui s’installent en France pour le travail.
- Les passionnés : Qui aiment la culture, le vin ou le cinéma français à l’autre bout du monde.
- Les personnes en situation de migration : Pour qui apprendre la langue est la clé de l’autonomie.
3. Les difficultés des apprenants
- La prononciation (les nasales 😅) : des sonorités uniques, des lettres muettes font de la langue française une langue opaque pour les étrangers.
- Le genre des mots c’est à dire masculin ou féminin : un livre qui pèse une livre !
- Les homonymes et les homophones : sans, cent, sang ; un porc dans un port !!

- Le tutoiement et le vouvoiement
- Notre chère conjugaison : les subtilités du subjonctif, les accords du participe passé…
- Les Faux amis, c’est-à-dire tous ces mots qui se ressemblent mais ne signifient pas la même chose : allocation – allocution – élocution ; aménager – emménager ; amande-amende ; etc.
4. Les enseignants de FLE
1. Comment font-ils ?
Ils ont recours à des :
- méthodes communicatives :
- qui favorisent l’expression orale
- qui mettent en situation réelle
Il y a un an, notre partenaire Dys-Positif avait été sollicité par Oui Merci Académie, une école de FLE en Espagne, pour participer à un épisode de son podcast. Sa directrice, Léa Ricci, utilise ce média comme support de compréhension orale pour ses élèves, tout comme un recueil de chansons.
- approches actionnelles avec des tâches concrètes (réserver un hôtel, écrire un mail…)
- méthodes traditionnelles l’étude de la grammaire et des exercices de traduction.
2. Qui sont-ils ?
Les “profs de FLE” ne sont pas des profs de français. Ils ont suivi une formation spécifique :
- le Master FLE, diplôme universitaire qui complète habituellement une licence en lettres ou en langues
- Le DAEFLE (diplôme d’aptitude à l’enseignement du FLE) est un diplôme créé et délivré par L’Alliance Française depuis 1883 !
- Le DU FLE, diplôme universitaire qui suppose également d’avoir validé une licence
- Un certificat Français Langues étrangères
Ce sont aussi, et plus en plus, des professeurs des écoles qui accueillent dans leurs classes des élèves allophones, c’est-à-dire des enfants dont la langue maternelle n’est pas le français. Ils sont enfants migrants, réfugiés, élèves issus de familles expatriées.
5. Accueillir les enfants allophones en France : enjeux, défis et pratiques en FLE
En effet, chaque année, des milliers d’enfants arrivent en France sans parler français. Pourtant, dès leur arrivée, ils sont plongés dans un système scolaire entièrement francophone. Ces élèves, dits allophones, doivent relever un double défi : apprendre une nouvelle langue tout en suivant une scolarité classique.
Le cadre scolaire en France : une priorité d’inclusion
Selon les textes officiels, tout enfant présent sur le territoire français doit avoir accès à l’éducation, indépendamment de sa nationalité ou de sa situation.
Dans ce contexte, le Français Langue Étrangère (FLE) joue un rôle essentiel. Encadré par l’Éducation nationale et structuré par le CECRL (Cadre européen commun de référence pour les langues), cet enseignement permet aux élèves d’acquérir les compétences nécessaires pour réussir à l’école.
L’inclusion en classe ordinaire
L’inclusion constitue donc la modalité principale de scolarisation. Les élèves sont inscrits dans une classe correspondant à leur âge, même s’ils ne maîtrisent pas encore le français.
Le dispositif UPE2A
Pour les aider, Les UPE2A (Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants) permettent un accompagnement spécifique :
- apprentissage intensif du français
- parcours individualisé
- articulation entre classe ordinaire et soutien linguistique
“Mon expérience pour les cours FLE est atypique car elle s’adressait à des maternelles-primaires. Il fallait passer par une langue intermédiaire: l’italien car beaucoup des enfants arrivaient de Tunisie, d’Algérie et du Maroc. Ils passaient 3 mois en Italie avant d’arriver en France. Ils apprenaient très vite et possédaient une capacité d’adaptation hors du commun. Il fallait de mon côté beaucoup de souplesse en termes de pédagogie. Certaines classes ne parlaient que turc à l’école et à la maison.Cela pouvait être compliqué, mais il y avait toujours une solution. Le geste, le ton, le chant, la relaxation. Tous les moyens étaient bons pour transmettre un mot, une phrase, un son. C’était une expérience très enrichissante humainement et professionnellement.” dixit Karine Paquette, enseignante en FLE sur la plateforme Ora-visio
Outils pour apprendre le FLE
Pour progresser efficacement en français langue étrangère, il est essentiel de s’entraîner régulièrement avec des supports adaptés. La plateforme My Fluent French propose des exercices en ligne spécialement conçus pour les enfants et les apprenants débutants. Grâce à des activités interactives, du vocabulaire de la vie quotidienne et des mises en situation concrètes, les élèves peuvent apprendre le français de manière progressive et motivante. C’est une solution idéale pour les primo-arrivants ou les élèves scolarisés dans un environnement francophone.
Conclusion : Vous l’aurez compris, le FLE ne se limite pas à apprendre une langue : c’est une porte d’entrée vers une culture, une façon de penser et une ouverture sur le monde. S’agissant des enfants, accueillir un élève allophone, ce n’est pas seulement lui apprendre le français, c’est lui permettre de se reconstruire et de trouver sa place dans notre société.
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