Votre enfant vient d’être diagnostiqué dyslexique, dyspraxique, dysphasique ou TDAH. L’orthophoniste a remis le compte-rendu. Vous savez maintenant qu’il peut avoir droit à des aides — mais face aux formulaires MDPH, aux sigles incompréhensibles et aux délais administratifs, beaucoup de parents se découragent avant même de commencer.
Ce guide vous accompagne pas à pas dans la constitution du dossier MDPH pour un enfant présentant des troubles dys ou un TDAH. Pièces à réunir, aides disponibles, délais à connaître, erreurs à éviter : tout ce qu’il faut savoir pour maximiser vos chances d’obtenir un soutien adapté.
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Pourquoi faire une demande à la MDPH pour un enfant dys ?
Depuis la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, les troubles spécifiques des apprentissages — dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyscalculie, dyspraxie — sont reconnus comme des handicaps. À ce titre, les enfants qui en souffrent ont droit à des compensations et des aménagements spécifiques pour leur scolarité.
La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est le guichet unique qui instruit ces demandes. Elle attribue les aides en fonction de l’évaluation des besoins de chaque enfant. Sans dossier MDPH, certaines aides — notamment la présence d’un AESH, du matériel pédagogique adapté ou l’AEEH — ne peuvent pas être obtenues.
⚠️ La MDPH n’est pas la première étape. Avant de déposer un dossier MDPH, pensez à mettre en place un PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) directement avec l’école — c’est plus rapide (3 à 6 semaines) et suffit souvent pour les troubles légers à modérés. La MDPH intervient quand les besoins sont plus importants.
Quelles aides peut obtenir un enfant dys via la MDPH ?
Avant de se lancer dans la constitution du dossier, il est utile de savoir ce que la MDPH peut accorder. Pour un enfant avec des troubles dys, les principales aides sont :
L’AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap). Un adulte présent en classe pour aider l’enfant dans ses apprentissages et son organisation. L’intervention peut être individuelle, mutualisée (partagée entre plusieurs élèves) ou collective.
L’AEEH (Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé). Une aide financière versée aux parents pour compenser les dépenses supplémentaires liées aux soins et à l’accompagnement de l’enfant (séances d’orthophonie, d’ergothérapie, matériel adapté…).
Le matériel pédagogique adapté. Ordinateur, logiciel de synthèse vocale, souris adaptée, scanner pour numériser les documents… Ce matériel peut être financé ou mis à disposition via la MDPH.
Le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation). Un dispositif plus complet que le PAP, qui inclut l’ensemble des aménagements scolaires, les aides humaines et matérielles, et les objectifs pédagogiques adaptés. Il est élaboré par l’équipe de suivi de la scolarisation (ESS) réunissant parents, enseignants, médecin scolaire et professionnels.
Le tiers-temps aux examens officiels. Contrairement au PAP, la reconnaissance MDPH facilite grandement l’obtention du tiers-temps au brevet et au baccalauréat. Avec un PPS en place, la démarche est simplifiée.
Les pièces à réunir : le contenu du dossier MDPH
Le dossier MDPH comprend une partie administrative et une partie médicale. Voici les pièces indispensables :
Pièces administratives obligatoires
□ Le formulaire Cerfa de demande de droits (disponible sur le site de la CNSA ou directement auprès de votre MDPH)
□ Une copie du livret de famille ou de l’acte de naissance de l’enfant
□ Un justificatif de domicile récent (moins de 3 mois)
□ Le projet de vie : document libre dans lequel les parents décrivent les difficultés de l’enfant au quotidien et à l’école, et expriment les aides souhaitées. C’est une pièce souvent sous-estimée mais déterminante — plus il est précis et concret, plus le dossier est solide.
Pièces médicales — la colonne vertébrale du dossier
□ Le certificat médical MDPH : rempli par le médecin traitant ou le pédiatre, il atteste du diagnostic, de sa sévérité et des soins en cours. C’est la pièce centrale du dossier médical. Un certificat trop vague fragilise la demande — demandez à votre médecin d’être précis sur les troubles diagnostiqués et leur impact concret sur la scolarité.
□ Le compte-rendu du bilan orthophonique : c’est la pièce prioritaire attendue par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH. Il doit contenir les scores chiffrés aux tests standardisés, le diagnostic formulé et les recommandations d’aménagements. Sans lui, l’évaluation du dossier est bloquée.
□ Les autres bilans réalisés si pertinents : bilan neuropsychologique, ergothérapique, psychomoteur, ophtalmologique…
□ Les comptes-rendus de consultations médicales spécialisées (neuropédiatre, pédopsychiatre…) si l’enfant a été suivi
Pièces scolaires
□ Le formulaire GEVA-Sco (Guide d’Évaluation des Besoins de Compensation en matière de Scolarisation) : rempli par l’équipe enseignante, il décrit les difficultés de l’enfant à l’école et les adaptations déjà mises en place.
□ Les derniers bulletins scolaires (2 à 3 années)
□ Le PAP en vigueur, s’il a déjà été mis en place
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Les étapes de dépôt et le délai de traitement
Comment déposer le dossier ?
Le dossier peut être déposé de trois façons :
- En ligne sur mdphenligne.cnsa.fr (recommandé pour faciliter le suivi)
- Par courrier recommandé avec accusé de réception à la MDPH de votre département
- En main propre au guichet de la MDPH, avec un accusé de réception
Quels délais prévoir ?
Le délai légal de traitement d’un dossier MDPH est de 4 mois. En pratique, il varie entre 3 et 6 mois selon les départements et la complexité du dossier. Si le délai dépasse 4 mois sans réponse, la MDPH est censée vous notifier d’une prolongation.
⚠️ Anticipez toujours. Si vous avez besoin d’aménagements pour la rentrée prochaine, déposez le dossier au moins 6 mois à l’avance. Pour le tiers-temps au brevet ou au bac, une reconnaissance MDPH préexistante simplifie considérablement la démarche.
Conseils pour maximiser les chances d’acceptation du dossier
Un dossier MDPH bien construit a beaucoup plus de chances d’être accepté au premier envoi. Voici les points d’attention clés :
Être précis dans le projet de vie. Évitez les formulations vagues comme « mon enfant a des difficultés à l’école ». Décrivez des situations concrètes : « Il met 45 minutes à copier un exercice que ses camarades font en 10 minutes », « Il pleure chaque soir avant les devoirs depuis septembre », « Il est le dernier à rendre ses copies depuis 2 ans ».
Exiger un certificat médical complet. Le certificat doit préciser le ou les troubles diagnostiqués, leur degré de sévérité, les prises en charge en cours (orthophonie, ergothérapie…) et les adaptations recommandées. Un certificat trop succinct est la première cause de refus ou de sous-évaluation.
Joindre le bilan orthophonique en priorité. Sans ce document, le dossier est incomplet aux yeux de la MDPH. Si vous n’avez pas encore de bilan, un bilan en ligne permet d’en obtenir un rapidement, avec un compte-rendu structuré répondant précisément aux exigences de la MDPH.
Signaler l’urgence si la scolarité est en danger. Si l’enfant est en situation de décrochage scolaire sévère, le mentionner explicitement dans la lettre de dépôt et demander un traitement prioritaire. Certaines MDPH disposent d’un référent Éducation Nationale qui peut accélérer les dossiers urgents.
Se faire accompagner. Des associations comme l’APAJH, la FFDYS ou les ULIS locales peuvent aider à rédiger et constituer le dossier. Le médecin scolaire est aussi un allié précieux — n’hésitez pas à le solliciter.
FAQ — Dossier MDPH enfant dys
Le dossier MDPH est-il valable à vie ?
Non. Les droits accordés par la MDPH ont une durée déterminée — généralement 1 à 3 ans pour les enfants, parfois jusqu’à 5 ans pour des troubles stables. À l’échéance, il faut renouveler le dossier avec des pièces médicales actualisées. Anticipez ce renouvellement de plusieurs mois.
Mon enfant a un PAP : faut-il quand même faire un dossier MDPH ?
Pas nécessairement. Si les aménagements du PAP suffisent à compenser les difficultés de votre enfant, un dossier MDPH n’est pas obligatoire. La MDPH est utile quand les besoins dépassent ce que le PAP peut offrir : besoin d’un AESH, aide financière (AEEH), tiers-temps garanti aux examens nationaux, ou matériel coûteux.
Peut-on déposer un dossier MDPH sans bilan orthophonique ?
Techniquement oui — le dossier peut être déposé avec le seul certificat médical. Mais en pratique, l’absence de bilan orthophonique affaiblit considérablement le dossier pour les troubles dys, car l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH attend ce document pour objectiver le diagnostic. Un dossier sans bilan risque le refus ou une sous-évaluation des besoins.
Que faire en cas de refus de la MDPH ?
En cas de refus ou d’aides insuffisantes, vous pouvez former un recours amiable auprès de la MDPH dans un délai de 2 mois. Si ce recours échoue, un recours contentieux devant le tribunal administratif est possible. Dans tous les cas, enrichissez le dossier avec des pièces médicales complémentaires et une description plus détaillée de l’impact des troubles sur le quotidien.
Conclusion : le dossier MDPH, un investissement qui vaut la peine
Constituer un dossier MDPH demande du temps et de l’énergie. Mais les aides obtenues — AESH, matériel adapté, AEEH, tiers-temps — peuvent transformer durablement le parcours scolaire de votre enfant et alléger significativement la charge financière et émotionnelle de la famille.
La première étape, souvent la plus urgente, est d’obtenir le bilan orthophonique. Sans lui, aucune démarche administrative n’est réellement possible — ni PAP, ni MDPH. Si vous ne pouvez pas attendre 12 à 18 mois une liste d’attente en cabinet, un bilan en ligne vous permet d’avancer immédiatement.
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